Le F-14A est sans conteste la deuxième grande star du film après Tom Cruise.

Le Grumman F-14A "Tomcat" est un monoplan biplace en tandem à géométrie variable caractérisé par un empennage monobloc et bidérive. Sa structure se compose de 24,4% de titane, de 39,4% d'alliages divers et de 17,4% d'acier.


Rappelons à cet effet que Grumman, plus que toute autre firme aéronautique américaine, avait investi 60 millions de dollars dans les études relatives aux matériaux composites durant les années soixante, et voyait avec le programme "Tomcat", l'aboutissement pleinement réussi des sommes considérables misées sur la recherche dans le domaine des technologies avancées.

La voilure haute comprend une surface Apex en léger dièdre, provoquant une divergence des entrées d'air, et une paire d'ailes trapézoïdales, dont la flèche peut varier en vol de 20 à 68°. Cette flèche peut atteindre 75° au sol pour faciliter l'accès aux ascenseurs et le parking à bord des porte-avions. Lorsque la voilure pivote vers l'arrière en flèche maximale, l'intrados de son bord de fuite vient se plaquer contre un bourrage souple, permettant à l'aile d'épouser correctement la forme aérodynamique du fuselage.

On distingue en avant de l'Apex, et de chaque côté de son bord d'attaque, une surface canard rétractable, sortie durant les manœuvres de combat aérien en corrélation avec les volets. La flèche peut varier de 5 à 15° suivant l'angle des ailes. Déclenchée manuellement par le pilote jusqu'à une vitesse de Mach 1,4 , la flèche des surfaces canard passe ensuite sous contrôle automatique d'un calculateur de bord.

Les ailes comportent des volets hypersustentateurs et de bord d'attaque à fentes mais ne disposent pas d'ailerons. Par contre, on trouve des spoilers pouvant être braqués de 0 à 55° sur l'extrados de la voilure, par exemple lors de l'atterrissage. Le pilote agit sur quatre boutons-poussoirs situés sur la double poignée des gaz, afin de faire varier la flèche des ailes selon le mode automatique, manuel, de bombardement (55°), ou autre. La structure de la voilure, matérialisée par un énorme caisson/réservoir supportant les deux axes de rotation des ailes, est la pièce maîtresse de "Tomcat". Elle est entièrement réalisée en titane et comprend trente-trois éléments principaux soudés sous vide par bombardement électronique. Les panneaux d'extrados et d'intrados des demi-ailes sont également en titane, tandis que le reste de la voilure, fentes et volets compris, est en alliage léger.

Le fuselage, circulaire au niveau du radar, s'élargit au niveau du poste de pilotage avec les entrées d'air qui viennent accroître la partie plate comprise entre les deux réacteurs. L'équipage, composé d'un officier naval de vol (NFO) à l'arrière et d'un pilote à l'avant, occupe deux sièges éjectables Martin-Baker GRU-7A de type "zéro-zéro" installés en tandem dans un habitacle conçu en une seule pièce. Une canopée unique recouvre les deux postes, offrant une visibilité particulièrement intéressante surtout pendant les combats aériens. Une perche de ravitaillement en vol se rétracte sur le côté droit du fuselage, un peu en avant du pare-brise.

Les entrées d'air, décollées de 18cm du fuselage, ressemblent à s'y méprendre, à celles du North American RA-5C "Vigilante" et sont longues de 4,25m. Les parties chaudes qui composent les compartiments recevant les réacteurs mesurent 4,87m de long et sont constituées essentiellement de titane. Des réservoirs et des cases à équipements divers occupent le reste du fuselage. La pointe arrière se distingue par la présence d'un aérofrein dorsal et de deux aérofreins ventraux, s'ouvrant façon "crocodile" très efficaces pour contrôler la trajectoire en missions d'attaque au sol, à l'approche ou à l'atterrissage. Lorsque l'atterrisseur est entièrement sorti, le braquage des aérofreins ventraux est automatiquement bloqué. La crosse d'appontage s'escamote dans un logement installé entre les deux aérofreins ventraux. En cours de production, la pointe arrière fut modifiée et les deux rainures latérales, jugées trop fragiles furent ôtées.

Le train d'atterrissage comprend deux demi-trains principaux à roue simple portée par une jambe à amortisseur incorporé et dotée d'une contrefiche de rappel, ramenant la roue vers l'avant dans un logement situé dans l'Apex.

La jambe de train avant est constituée d'un diabolo comportant la ferrure d'attache du brin de catapultage.

Implanté bas par rapport à l'aile, l'empennage horizontal mesure environ 10,15m d'envergure et est formé de deux éléments monoblocs en titane et nida, pouvant être braqués simultanément et indépendamment l'un de l'autre.

L'empennage vertical comporte deux dérives en flèche légèrement divergentes, espacées de 3,25m et situées au-dessus de chaque nacelle-moteur. Cette formule reste bien adaptée à l'aérodynamique du F-14, surtout en raison du sillage des entrées d'air aux grands angles, mais aussi à cause de la hauteur limite des hangars de porte-avions fixée à 5,18m.

Deuxième avion à géométrie variable construit en série dans le monde occidental, le F-14 "Tomcat" profite largement de l'expérience acquise par le General Dynamics F-111B, et est équipé quand à la propulsion de deux réacteurs Patt & Whitney TF30-P-412 de 9480kgp à double corps et à double flux avec réchauffe. Pas moins de 23 aubes fixes d'entrée ainsi qu'une soufflante à trois étages en titane, composent la partie avant du turboréacteur et précèdent un compresseur basse pression à six étages, doté de stators en acier et de rotors en titane. Un compresseur haute pression à sept étages, réalisé à base de nickel, occupe la partie arrière conjointement à une chambre de combustion annulaire en acier, et une turbine haute pression à un étage en acier au cobalt, refroidie par air, dont la température atteint 1 020°C dès l'entrée.

Pour la partie finale, une turbine basse pression à trois étages en alliage de nickel et la post-combustion allumée par cinq viroles, produisent une température de sortie de l'ordre de 815°C. La tuyère est de type convergente/divergente et dotée de pétales à section variable.

Pour terminer ce descriptif, il faut ajouter que Pelehach avait porté un soin tout particulier à la protection de l'équipage en faisant installer des plaques de blindage sous les sièges éjectables, doubler les dispositifs de sécurité et placer les éléments électroniques vitaux au cœur même de l'appareil, protégés par la superstructure. Qui plus est, un programmateur doté d'un logiciel localise avec précision, et automatiquement, n'importe quel défaut de fonctionnement, de telle sorte qu'au sol, les mécaniciens puissent rapidement démonter le panneau d'accès approprié, retirer l'élément défaillant et le remplacer, une opération qui nécessitait auparavant des heures, voire des jours de travail.

Un foudre de guerre

En fait le facteur de la réussite du F-14 "Tomcat" n'est pas sa technologie mais bien son avionique et son radar.

Grâce à ses "yeux" prodigieux, le F-14 peut repérer un avion ennemi volant à très haute altitude ou au contraire, arrivant au ras des flots. Il est capable ainsi de "voir" à d'énormes distances à travers l'obscurité et d'épaisses couches de nuages. Tout d'abord, l'avion est entièrement "géré" par un ordinateur de bord, le CDSC, que ce soit le pilotage, les données de vol (cap, vitesse, altitude, assiette, etc.), la consommation en carburant, les surfaces mobiles ou bien d'autres choses encore. Le poste de pilotage est pour ainsi dire une véritable petite salle informatique, puisqu'on trouve sur le tableau de bord deux écrans cathodiques renseignant le pilote sur les mouvements de l'appareil et sur la navigation. Pour la visée, pas de collimateur, mais une glace HUD (Head Up Display) faisant étroitement corps avec le pare-brise avant, sur laquelle se reflètent toutes les données nécessaires à l'accomplissement d'une mission, de quelque nature qu'elle soit. A l'arrière, le NFO dispose d'un petit écran d'information tactique où se rassemblent les objectifs visés et leurs paramètres, d'un grand scope circulaire à balayage automatique où se chevauchent toutes les informations émanant du radar et d'un écran de situation ECM. Le système de conduite de tir AWG-9 se compose d'une antenne radar (émettrice/réceptrice), d'un ordinateur de bord, d'une interface relative à l'armement et de dispositifs de sortie ou d'affichage (les écrans cathodiques). Pour un poids modeste de 590kg, l'AWG-9 occupe un volume total de 0,7m3 dans le fuselage.

Le radar mesure 91,4cm de diamètre quand à l'antenne, et peut opérer en multi modes soit impulsions dites classiques, soit en mode Doppler suivant le type de missions, air-air ou air-sol, car le procédé Pulse Doppler permet d'acquérir une excellente capacité de détection vers le bas, en dépit des échos du sol.


Sa portée de détection représente deux fois et demi celle du radar Westinghouse AWG-10, embarqué dans le F-4J "Phantom II" et est estimé à environ 220km. A l'origine, le F-14A devait employer un détecteur à infrarouge, installé dans un carénage sous le nez avec une antenne ECM ALQ-100. Onéreux et décevant, ce système laissa la place à la seule antenne ALQ-100, capable de détecter des avions hostiles utilisant la réchauffe à haute altitude. Actuellement, l'US Navy tendrait vers l'adoption de l'identificateur optique de cibles Northrop TCS (Télévision Camera System) monté donc à la place du senseur infrarouge et permettant ainsi de repérer visuellement des avions hostiles à une distance de plus de 30km. En outre, le système AWG-9 établit les identifications (IFF), les objectifs prioritaires et peut assurer la poursuite simultanée de vingt-quatre cibles, tout en effectuant une veille radar, tandis que dans le même temps, l'opérateur du système de bord peut engager l'interception de six appareils ennemis. Dans un rayon de 115km, le radar du "Tomcat" est susceptible de localiser tout engin volant représentant au moins 5m2 de surface alaire; à 215km tout chasseur-bombardier en vol isolé ou en formation quelle que soit son altitude, et à 315km tout bombardier en vol, fonction de sa vitesse et de sa taille. Le "Tomcat" emporte en temps normal six missiles AIM-54 "Phœnix" deux AIM-9 "Sidewinder" et deux bidons largables de 1011 litres.

Mais les combinaisons sont multiples, ne serait-ce que pour assurer sa propre défense, le F-14 peut emmener par exemple quatre engins air-air "Phœnix" de 117km de portée, deux missiles "Sparrow" de 70km de portée et deux missiles "Sidewinder" à guidage infrarouge (entre 18,5km et 2,8km de portée). Plusieurs configurations ont été prévues pour le bombardement d'objectifs terrestres, avec l'emport possible de quatorze bombes freinées Mk-82, de deux bidons supplémentaires de 1011 litres avec deux missiles "Sparrow", et deux engins "Sidewinder".

Mais les qualités du système AWG-9 ne s'arrêtent pas là, fort heureusement, le traitement des informations du radar Hughes comporte un calculateur numérique (JTIDS), parfaitement compatible avec les autres appareils embarqués d'attaque comme le Grumman A-6E "Intruder", ou de veille radar AWACS du type E-2C "Hawkeye". On imagine aisément les avantages qui découlent des échanges de données entre les différents avions.

En ce qui concerne le missile air-air AIM-54A "Phœnix" qu'emploie le F-14, c'est le plus cher des missiles américains mais aussi l'un des plus efficaces. Au départ, il se dirige vers son objectif grâce à un autodirecteur électromagnétique semi-actif illuminé par le radar AWG-9, cependant que le guidage final est effectué à 15km de la cible par l'engin seul, le "Tomcat" pouvant décrocher et continuer sa mission seulement à cet instant précis. Chaque missile coûte la bagatelle d'un million de dollars.

Des records tombèrent lors d'une série de tirs, de juillet à octobre 1973. Tout d'abord la distance avec le tir réussi d'un "Phœnix", après une course de 204km contre un avion-cible volant à Mach 1,5 à 15250m, représentant un bombardier "Backfire". Même punition, pour un MIG 25 simulé par un missile Boeing "Bomarc" volant à Mach 2,8 à une altitude de 24700m alors que le F-14 intercepteur volait à la vitesse de Mach 1,2 à 12500m ; le missible AIM-54A avait parcouru près de 94,5km, encore un beau record !

Le missile de croisière ne fait pas exception si l'on en croit la destruction par un "Phœnix" d'un avion-cible volant à seulement 15m du sol.

Les Exemples sont nombreux mais le tir le plus spectaculaire du "Tomcat" fut le tir réussi et simultané de six missiles AIM-54A par un F-14A, volant à Mach 0,78 à une altitude de 8650m, avec des cibles toutes différentes les unes des autres, tels que trois QT-33 et trois BQM-34 "Firebee" volant à altitudes variant de 6700 à 7300m, et à des vitesses s'étalant de Mach 0,6 à Mach 1,1. Résultat : quatre coup au but sur six.

 

Fiche technique. 

Dimensions :
Envergure ailes déployées avec flèche à 20° : 19,55 m
Envergure ailes repliées avec flèche à 68° : 11,65 m
Envergure ailes repliées avec flèche accrue pour l'entreposage : 10,15 m
Longueur hors tout : 19,10 m
Hauteur : 4,88 m
Surface alaire : 52,49 m²
Charge alaire maximale : 505 kg/m²

Poids :
Masse à vide : 18 036 kg
Masse totale avec 4 missiles AIM-7F "Sparrow" : 26 931 kg
Masse totale au décollage avec 6 missiles AIM-54A "Phoenix" : 31 945 kg
Masse totale maximale : 33 724 kg
Masse maximale à l'appontage : 22 225 kg

Puissance :
Moteurs : deux turboréacteurs Pratt & Whitney TF30-P-412A ou P-414 de 5 670 kgp unitaire à sec (9 480 kgp unitaire avec PC)
Combustible interne : 7 147 kg
Combustible externe avec l'emport de 2 réservoirs largables de 1 011 l : 1 647 kg

Performances :
Vitesse maximale au niveau de la mer : Mach 1,2
Vitesse maximale à 15 000 m : Mach 2,34
Vitesse de croisière : 741-1 019 km/h
Vitesse minimale à l'atterrissage : 226 km/h
Roulement au décollage à 26 760 kg : 396 m
Roulement maximum à l'atterrissage : 726 m
Plafond opérationnel : plus de 17 000 m
Rayon d'action en configuration interception avec 6 missiles AIM-7F "Sparrow" et 4 missiles AIM-9L "Sidewinder" : 1 232 km
Rayon d'action en configuration appui tactique avec deux réservoirs supplémentaires et 14 bombes Mk 82 : 1 167 km

Armement :
1 canon multitube interne M61-A-1 de 20 mm avec 675 obus
6 missiles Air-Air AIM-72/F "Sparrow" et 4 missiles Air-Air AIM-9G/H/L "Sidewinder"
ou
6 missiles Air-Air AIM-54A/B "Phoenix" et 2 missiles Air-Air AIM-9G/H/L "Sidewinder"
Différentes combinaisons de missiles et de bombes Air-Sol jusqu'à 6 575 kg 

    Textes de Maverick 14.

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